Mon chemin vers l’acceptation : Quand le regard des autres façonne notre perception

Je me souviens, j’avais entre 16 et 19 ans. À cette époque, j’étais surtout préoccupée par mes sorties lycéennes, et c’est peut-être pour ça que je n’ai pas tout de suite réalisé que quelque chose clochait dans la perception que j’avais de mon corps. Ma silhouette fine, une malédiction ?

Je crois que tant que personne ne me faisait remarquer le contraire, je ne voyais pas le moindre problème. Certaines de mes tantes m’appelaient même « future Miss », et j’adorais ça ! Mais plus je grandissais, plus les critiques se sont invitées, souvent déguisées en taquineries, et parfois même venant de ma propre famille.

J’entendais des comparaisons avec Monique Séka – une chanteuse afro-zouk ivoirienne autrefois mince au niveau des épaules (je vous mettrai une photo en passant pour que vous voyez mieux de qui il s’agit et de quoi il s’agit des os qui ressortent un peu quand on n’ai fine). Ensuite, mon père qui disait : « Je paie de la nourriture, mais tu gâches mon nom(en me taquinant) pour me dire tu manges mais tu ne grossis pas. » Plus ces remarques devenaient répétitives, plus elles commençaient à s’ancrer dans mon esprit. J’ai commencé à regarder mon corps avec beaucoup de questionnements.

Pourtant, ça allait encore, je continuais de croire que ce n’était pas si grave. Mais les commentaires ont commencé à venir de l’extérieur. Des amis faisaient des remarques taquines, mais moqueuses. Des inconnus me disaient qu’« une vraie femme doit être en forme, avec des rondeurs, de grosses fesses, une belle poitrine, le reste ce sont nos camarades garçons ». Cela me rendait encore plus triste, car à l’époque, ma confiance en moi n’était pas très solide. Ce que je ne considérais pas comme un problème est devenu un, non pas parce que je l’avais identifié comme tel, mais parce que les gens autour de moi ont commencé à le souligner.

L’empreinte des mots : Quand l’enfance est le berceau de nos insécurités

En me plongeant dans mes souvenirs pour écrire mon paragraphe précédent, d’autres images, encore plus anciennes, ont resurgi. Elles m’ont rappelé à quel point la confiance en soi peut être façonnée, ou malheureusement brisée, dès le plus jeune âge par le monde extérieur.

Je me souviens très bien de mon institutrice à l’école primaire. À mes yeux d’enfant, elle était si belle, je l’aimais beaucoup. Pourtant, elle ne manquait jamais une occasion de tenir des propos qui, je le crois aujourd’hui, ont contribué à briser ma confiance en moi. Je l’entends encore dire, je cite : « Avec ton visage, on dirait le visage des masques Bouaba (une ethnie au Burkina faso »

(https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Masque_de_l%27%C3%A9thnie_Bwaba.jpg)

Aujourd’hui, j’en ris, mais autrefois, ces mots me faisaient me sentir mal, moins jolie que les autres. Elle le répétait très souvent, et je ne sais toujours pas pourquoi, mais je suppose qu’elle avait ses propres raisons.

Puis, il y avait ma grand-mère, paix à son âme, que j’aimais tendrement. Elle aussi ne manquait pas de me dire que j’avais de grosses joues et que j’étais « vilaine ». J’étais encore une gamine… Et, toujours dans mon cercle familial, mes tantes paternelles me disaient, le sourire aux lèvres, que j’étais la plus vilaine des enfants de mon père.

Tous ces événements, je m’en rappelle comme si c’était hier, alors que je n’étais qu’une enfant de moins de 10 ans quand tout cela se déroulait. C’est là, je crois, la genèse de cette construction de la perception de soi, influencée par les mots, même les plus anodins en apparence.

L’impact des mots : Quand la quête de l’idéal brise l’estime de soi

Ces souvenirs d’enfance m’ont profondément marquée, et je réalise aujourd’hui à quel point les mots, même prononcés sans intention de nuire, peuvent avoir un impact dévastateur sur l’estime de soi d’un enfant. J’espère sincèrement que mon histoire aidera de nombreuses femmes et, surtout, de nombreux parents à choisir leurs mots avec soin, pour ne pas assombrir l’avenir de leurs enfants.

À force d’entendre ces remarques, j’ai fini par me dire : « Si tant de personnes parlent de moi de cette manière, c’est que je ne suis pas belle, pas légitime. » C’est à cet instant précis que la comparaison a commencé à s’installer, insidieusement.

Dans un premier temps, j’ai cherché désespérément des moyens de grossir. J’ai pris des sirops, des comprimés… Je maltraitais mon corps, littéralement. Chaque jour, être mince était un supplice. Je pleurais, je me détestais. J’enviais cet idéal que l’on me décrivait, car j’avais fini par croire que si je n’atteignais pas cette forme, je n’étais pas « assez bien »; j’ai meme pensée au suicide. Eh oui au pire car je souffrais intérieurement.

L’écho d’une souffrance profonde : Des années de combat silencieux

Raconter ces chapitres de ma vie dans un simple article me semble presque minimiser ce que j’ai réellement traversé. Pourtant, je veux que vous sachiez que ce mal-être, je l’ai vécu intensément, chaque jour, pendant des années. Chaque matin était un combat acharné contre moi-même. Je me traitais comme un monstre. Recevoir un compliment ? Impensable, je le croyais faux, inventé de toutes pièces pour m’amadouer.

Ma confiance en moi était brisée, non seulement concernant mon apparence, mais sur tous les aspects de ma vie. Et cela a eu un impact profond. N’ayant pas conscience de ma propre valeur, je me suis malheureusement laissée piétiner à plusieurs reprises. C’était un cercle vicieux dont il était difficile de s’extraire.

Mais sachez que ceci n’est que le début de mon voyage. Car non, je ne suis pas restée ainsi. Mon chemin a croisé deux alliés inestimables qui ont complètement changé ma vie : la foi et les livres.

La puissance des mots : Un appel à l’amour et à la bienveillance

Dans mon prochain article, je vous raconterai comment la foi et les livres ont complètement changé ma vie et contribué à reconstruire ma confiance en moi.

Mais avant cela, je souhaite que ce témoignage vous fasse prendre conscience d’une vérité essentielle : ce qu’un être humain peut traverser, le simple fait de vivre un mal-être profond, juste à cause du regard des autres, des mots prononcés ou même d’un comportement anodin.

Mon histoire est là pour vous montrer à quel point il est facile de perdre toute estime de soi, de se décourager ou même de se faire du mal, juste à cause d’un mot, d’une phrase, d’une attitude.

Cela nous rappelle, de manière poignante, une leçon fondamentale : l’importance capitale d’aimer inconditionnellement les enfants, de les couvrir de votre amour, de les respecter et de leur rappeler sans cesse qu’ils sont des créatures merveilleuses, plutôt que de pointer du doigt leurs prétendus défauts. Chaque mot compte, chaque geste construit ou détruit.

Est ce qu’il ne fallait peut être pas passé par là pour que je sois la femme que je suis aujourd’hui, confiante, battante et intelligente ?